AUTOPSIE No.04 — Jacquemus × Équipe de France

Jacquemus a habillé les Bleus comme si le football français était né à Saint-Tropez. Il est né ailleurs. Proposition Artquete Studio × Decathlon × FFF

Ce qui s'est passé

Jacquemus habille les Bleus. La France applaudit. C'est beau, c'est propre, c'est cohérent avec l'univers de la maison — le soleil, la Provence, la légèreté méditerranéenne. Jacquemus est une marque respectable, respectée, qui symbolise une certaine France. La symbolique est là.

Ce qui manque

Le football français n'est pas né à Saint-Tropez. Il est né à Trappes, à Bondy, à Vaulx-en-Velin, dans les cours d'immeuble mouillées où des gamins tapaient dans un ballon avant d'aller à Clairefontaine. La plupart des effectifs actuels de l'Équipe de France — comme les générations qui les ont précédés — viennent de milieux qu'on appelle défavorisés, marginalisés. C'est la réalité. C'est aussi la force.

Thierry Henry. Anelka. Ribéry. Cette génération qu'on a parfois appelée "génération racaille" avec mépris — et qui a pourtant écrit les plus belles pages du football français. On ne peut pas faire l'histoire du football français avec des robes légères et des campagnes ensoleillées en oubliant d'où viennent ceux qui l'ont construit.

Ce n'est pas une critique de Jacquemus. C'est un rappel de ce que le football français est vraiment.

Une collection capsule Decathlon × Anelka pour l'Équipe de France. Pas un maillot de match — un objet culturel. Un survêtement ocre, ample, aux codes des années 90. Le coq gaulois en surpiqûre ton sur ton — visible mais discret, comme une mémoire qu'on porte sans avoir besoin de la crier. Les bandes bleu blanc rouge sur les côtés. Les chaussettes qui dépassent. Les sneakers chunky.

Pas un défilé. Une cour d'immeuble mouillée. Le béton, la pluie, trois gars qui portent ce vêtement comme leurs pères l'ont porté avant eux.

Un devoir de mémoire qui se porte. Parce que l'histoire du football français mérite mieux que l'amnésie.

Et parce que même si cette histoire se répète — avec ses passions heureuses et malheureuses, ses larmes et ses titres — elle doit toujours être accompagnée de cet historique qu'on n'oublie pas.

Concept complet disponible sur demande — hello@artquete.com

Réécriture produite par Artquete Studio — non commandée par Jacquemus, Decathlon, la FFF

Ce que le jogging représentait

Le survêtement des années 90 dans les cités ce n'était pas juste un vêtement. C'était une façon de se faire reconnaître. De dire : je suis là, je suis présent, je suis battant — dans tous les sens du terme. Battant sur le terrain, battant dans la vie.

C'était aussi un vêtement pour tout le monde. Large, libre dans les mouvements, qui masquait la maigreur des uns et les rondeurs des autres. Toutes les morphologies pouvaient le porter parce qu'il ne cherchait pas à définir un corps idéal. Il cherchait à libérer le corps qui l'habitait.

Aujourd'hui les joggings sont devenus étroits, près du corps, techniques. On a perdu quelque chose dans ce rétrécissement.

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