Tiakola x YSL MYSLF — Autopsie d'une collaboration bancale
Quand la justification arrive après la décision. Ce qu'on aurait fait à la place et avec qui.
Il y a des collaborations qui s'imposent. On les voit arriver et on se dit évidemment. Pas parce que c'est prévisible. Parce que c'est juste.
Tiacola x YSL MYSLF, c'est pas ça.
L'argument officiel : Tiakola s'est imposé comme un des noms les plus écoutés de sa génération avec des sonorités authentiques, un héritage congolais assumé. MYSLF, c'est l'expression de soi, la masculinité moderne dans toutes ses nuances. Donc, naturellement, les deux pourraient se rejoindre.
Sauf que cet argument, il marche avec n'importe qui.
Chaque artiste qui signe avec une marque "reste lui-même". Chaque artiste "porte son héritage". C'est le brief générique habillé en évidence. Ce que ça dit en réalité, c'est qu'il n'y a pas eu de vraie réflexion sur ce qui rend Tiakola lui et encore moins sur ce qui, dans un autre univers, dialoguerait vraiment avec ce que YSL a construit depuis soixante ans.
Parce que cet argument existe. Il est même fort. Il n'a juste pas été utilisé. Et, à mon sens pas avec le bon artiste.
Visualisation concept — non officiel. Artquete Studio, 2026.
Ces visuels sont une proposition. Si tu veux voir ce qu'on peut construire ensemble — le lien ci-dessous.
MON ALTERNATIVE : JOLAGREEN
Jolagreen est signé chez IMG Models. Il était en front row au défilé Vetements lors de la Fashion Week de Paris. Il porte des crop tops, des tresses, une façon d'occuper l'espace entre masculinité et fluidité qui lui est complètement propre. Ce n'est pas juste un rappeur qui fait attention à ses tenues. C'est quelqu'un qui seait se mettre en scène. Qui comprend que son corps, sa coupe, ses choix vestimentaires font partie de son art.
C'est ça, le vrai lien avec MYSLF.
Pas l'héritage. Pas les streams. La fluidité esthétique. Le fait que Jolagreen incarne exactement ce que YSL revendique depuis le Smoking de 1966 : une masculinité qui trouve sa force dans certaines contradictions et qui les porte comme une signature.
YSL l'a compris ailleurs. Aron Piper en Espagne : acteur, chanteur, style affirmé, ambiguïté assumée. Là, l'argument tient. On voit pourquoi lui et pas un autre.
Avec Jolagreen, la marque avait le même argument sous la main. Elle ne l'a pas cherché.
Ce qu'on aurait fait : partir des traces. IMG Models. Vetements PFW. La façon dont il porte un crop top sans que ça demande une explication. Construire la campagne autour de ça, pas autour de "il est authentique", parce que l'authenticité c'est la chose la moins distinctive qui soit.
La collaboration n'est pas mauvaise. Elle est juste à côté.